A la fin, tout le monde meurt.
Je t'ai aimé Minako, du fond du cœur. Aujourd'hui, tout cela est fini. Je l'ai fini pour notre bien.
A tous tes ennemis, à tous tes détracteurs, à toutes ces peuplades qui te jalousent, je l'affirme : tu es quelqu'un de bien.
J'ai trouvé l'âme sœur, celle qui saura me combler.
Je te souhaite la même chose.
Je ne t'oublierai pas.
Ceci est le dernier article du blog. Merci à mes quelques lecteurs.
W/O NET. Connaissez-vous l'expression qui dit : "Sans ma connexion, je me retrouve comme un con" ? Moi non plus je ne la connaissais pas, mais en ce doux froid de fin novembre, je ressens une solitude gigantesque sans la femme de mes rêves. Un autre article devait paraitre ce soir, mais quelle importance devrais-je donner à une de ces innombrables histoires mégalomaniaques aussi superficielles que ma pensée actuelle..? Que dire, lorsqu'on ne sent plus le plaisir, quand la joie qui doit combler un coeur laisse celui-ci vide et amer face à la cruelle et sataniste réalité. En déplacement dans de grandes régions nordiques, je n'ai plus Internet dans l'appartement que je possède. Certes, je peux me connecter chez un ami, mais quand il rentrera du boulot, comment lui faire comprendre l'amour qui enflamme mon coeur pour elle ; comment pourrais-je lui dire, chez lui : "laisse moi tranquille, je veux parler à la femme que j'aime, je n'ai que faire de ta présence !" Je ne le peux, hélas. Alors, opterai-je pour un cyber café ? Malheureusement, l'heure de fermeture de ces endroits correspond tragiquement avec l'heure ou ma dulcinée se connecte. Pourrais-je leur annoncer : "ne fermez pas, elle arrive !" Bien sûr que non. Pourtant, je leur ai demandé. C'est même une des raisons qui m'empêcheront d'y retourner, ça et les quelques mots d'oiseaux que je leur ai adressés. Salauds des cyber cafés. La plus étrange des découvertes, dans le petit univers nombriliste du Gro, la voici. Non content d'être en manque de toi, mon amour. Je constate avec joie que je me fous pas mal d'avoir Internet si je ne peux pas te parler. Qui-a-t-il de plus exécrable, de plus détestable, de plus acide qu'un instant de solitude. Palpez là, elle est presque matérielle, cette détresse viscérale et profonde d'un être tourmenté par son besoin d'aimer. Un problème n'existe pas s'il n'y a pas de solution. Forcément, Gro a toujours soluce à tout et c'est avec un plaisir non dissimulé, chers lecteurs, que je squatte une connexion qui n'est pas la mienne, chez moi. Je l'admets avec joie, c'est lent et instable, mais la plus petite, que dis-je, la plus infime seconde ou je peux l'apercevoir, lui parler et lire ses réponses, tout cela me donne un plaisir, une gaieté et une force qui ferait passer Sanson pour un moineau atrophié sans plume. L'amour rend aveugle. L'amour rend stupide. L'amour rend dépendant. L'amour rend violent. Mais si on ne doit retenir qu'une formule, outre toutes celles utilisées par toutes les personnes de cette planète, pour dire des "tu es mon amour pour l'éternité", "tu as tout mon amour", ou bien "je ne peux vivre sans toi mon amour" : L'amour n'est pas aimer. Minako, je ne te donne pas mon amour, mais bien plus que ça. Je t'offre le droit de ne pas m'aimer, de ne pas vivre avec moi, de ne pas avoir à céder à mes caprices, de ne pas avoir à me supporter au quotidien et de n'avoir que, du moins j'essaie, le meilleur de moi même ; tu ne mérites ni plus, ni moins, que tout ce qu'il y a de plus beau en moi. Pour toi. Mais je suis victime tout de même de l'amour. Car, comme un con, sans Internet, je ne puis me passer de toi, malgré tous mes efforts pour ne pas y penser. Tu me manques déjà tellement. Voici un nouveau constat : l'amour est une drogue très dure, pour laquelle aucun remède n'existe.
Ouverture du Flickr [M&G] Inc :
http://www.flickr.com/photos/mginc
Les premières photos présentées sont réalisées par Mimosax, pour mon mariage avec Minako.
Enfer et Paradis.
Voilà ma vie et je la gâche une minute après l'autre. J'en étais là, las de cette aventure SLienne. SL ne m'intéressait plus. Mon RL me rattrapait, froid comme un étau inébranlable. Après 3 mois d'utilisation, malgré un an de compte "actif", je décidais de quitter SL pour retrouver une vie RL complète, avec de vrais jeux vidéo dignes de ce nom.
9 mois passèrent. 9 mois sans toucher et sans même penser à SL. Je reprenais cette vie gargantuesque, faite de rebondissements professionnels, d'aventures loufoques, d'amour, d'eau fraiche et de voyages tous aussi géniaux. Je redécouvris le Japon en décembre 2007 avec un vieil ami, ou nous avons partagé des choses inoubliables et rencontré des êtres humains extraordinaires. J'ai revu de vieilles connaissances par la suite, réduisant encore mes journées à de folles expéditions à travers les villes, les régions, afin de les revoir. Puis vint l'Italie, pour y voir mon cher frère, qui bosse beaucoup plus que jamais je ne travaillerais dans ma vie. Ensuite, la corse, dont les côtes n'ont plus de secret pour moi, après un pélerinage d'une semaine en voiture. Et à l'heure ou j'écris ces lignes, je suis revenu depuis une semaine d'un autre voyage au Japon, en compagnie d'individus encore une fois extrêmement humains et sympathiques. Entre temps, le travail m'occupait suffisament pour ne pas penser à certaines choses et je devais aussi m'occuper de ceux que j'aime. Tout un programme.
Pourtant, fin août, j'ai retrouvé SL planqué au fond d'un PC. Et j'ai été tenté de rejouer le vilain jeu de mes débuts, probablement par frustration, vis à vis de mes échecs passés. Je suis mauvais perdant. Après une altercation sur les Seychelles, ou un pauvre petit mineur de 17 ans se faisait réprimender, j'eu le malheur de prendre position et de le défendre. Une âme charitable s'en alla prévenir Linden Lab que j'étais peut être mineur moi aussi, ce qui valu à mon ancien compte un blocage pur et simple de son activité. Comme je n'avais pas fait vérifié mon âge, la seule méthode possible pour récupérer mon compte consistait à envoyer un fax à la société avec mon passeport. Super. Je décidais d'utiliser un autre compte, que j'avais créé quelques mois auparavant, pour stocker des objets en plus. Ce compte, c'était Gro Gaffer. Et me revoilà parti à travers les mondes de SL, riant, me moquant et détestant chaque individu que je rencontre, montrant à quel point je me haïssais, à travers eux. Je retrouvais Salem et ses amis avec joie. Cette fois, je demeurais comme Lapin garou gothique, m'évadant avant les ban, je balançais mon humour huileux à base de carottes, sur les débutants comme sur les anciens. Je répandais ma mauvaise humeur sur autant de personnes qui avaient le malheur de me déplaire ; je démontrais là un parfait exemple d'intolérance, tout à fait assumé.
Avant de continuer, reprenons le premier propos de cet exposé : "Je suis un être humain parmi d'autres". Mais bien sûr ! Tout ce que j'ai pensé, vécu et voulu, ce pour quoi je me connectais, c'était d'un banal affligeant. Comme un million de soleils qui vous brûlent instantanément, dans une lumière aveuglante, qui vous ronge jusqu'à l'âme, j'avais découvert à quel point j'avais tout faux. SL n'est pas ce produit capitaliste ravageur, ni cette arme de destruction intellectuelle massive. Non, SL relève du génie social, un respectable souhait de communication par delà les frontières et les océans, dans toute sa pluralité. La forme est exécrable, admettons-le ; mais son fond, les fondements de la Seconde Vie, resplendissent de beauté. Une beauté qui ne se définit pas seule, mais avec ses utilisateurs et toute leur maladresse.
L'enfer prenait fin. Je revivais peu à peu. Le lapin laissa sa place à un être humain. Décidé à plaire pour de bon, je me suis lancé dans la création d'une shape vraiment différente, un visage pas forcément parfait et un corps qui ne serait pas celui d'un body builder, mais quelque chose de plus fin, plus proche de mon propre corps. Oui voilà la réponse, je cherchais enfin à devenir vrai, à trouver mon purgatoire. Ne plus jouer avec les autres, ne plus se cacher derrière l'un de mes mille masques, ne plus désespérer pour l'espèce humaine, ne plus maudire mon extrême sensibilité et m'offrir moi aussi le droit de vivre simplement en RL comme en SL. Être vrai une fois dans ma vie, c'était mon karma. Oublier un peu mon passé, les morts, les maladies, le mal viscéral, le désespoir, l'impuissance, le désir de vivre, de lutter, la haine. Vivre, pour moi, une seule fois.
Le plus grand choc de mon existence arriva début septembre. Dieu SL se pencha sur moi, dans le regard d'une diva : Minako. Le jour même ou j'avais changé d'avatar, fermement déterminé à ne plus jouer, à vivre un peu, Minako m'adressa la parole sur Gaia. J'étais tellement apeuré, assailli de toutes parts par les avatars féminins, que je n'osais plus bouger un doigt sur mon clavier pour regarder aux alentours. Pourtant bien sûr, mon "éGro" veillait, m'empêchant d'avouer que vivre simplement était quelque chose de complexe, quand on est habitué à se mentir et à mentir partout.
Une diva m'a sauvé.
Minako... Quand je vois tous ces avatars parler d'amour, ces adultes s'aimer sur SL, parlant d'ange, d'amour éternel et de voeux sincères, je me retrouve face à moi même, Gro Gaffer, c'est moi. Dès notre première rencontre tu m'as captivé, sans que je puisse l'expliquer. Tu as parlé de toi, de tes attraits, de tes passions, simplement, directe et franche. J'ai lu ton profil avec le plus grand intérêt, comme ces vieux livres qui sentent bon et dont on prend plaisir à tourner chaque page, pour découvrir une histoire aux apparences banales, mais extravagante et somptueuse. Tu aimes la mode, la jet set et tous ces trucs étranges... "Etrange" que tu me qualifiais aussi et je détestais lire ça, sachant à quel point je l'étais. Je pris conscience peu à peu, en te fréquentant, que tout ce que j'avais vécu sur SL avait un sens : je ne cherchais qu'un peu d'amour, à donner de l'amour. J'en avais besoin plus que jamais auparavant et je n'osais pas me l'avouer, cachant pendant un temps mes sentiments à ton égard. Toute ton énergie me comblait, ta créativité m'impressione chaque jour un peu plus et aujourd'hui, enfin, je peux te parler avec toute la franchise que je n'ai jamais eu la force d'avoir auparavant, malgré le feu interne qui me dévorait. Le temps des longues phrases touche à sa fin, comme à la fin d'une existence mauvaise et le début du paradis, pour une vie meilleure, grâce à toi. Je ne le dirai pas deux fois et je n'insisterai pas mais, Minako, je t'aime.
J'ai arrêté de draguer dès que tu m'as rencontré, j'ai arrêté de me moquer quand j'ai partagé mes instants avec toi et tes amis, j'ai appris la patience et à comprendre des passions qui n'étaient pas miennes à tes côtés, et chaque jour une nouvelle expérience s'offrait à moi, grâce à toi. Chaque jour auprès de toi me rend meilleur.
Et c'est la seule vérité.
Providence, Grigolo, Salem.
A l'instar des autres débutants, un peu hagard et revêche, j'écoutais les conseils de quelque esprit bienveillant. Avec mon premier avatar, j'ai pris beaucoup de plaisir à me faire bannir des Seychelles et de quelques dizaines d'autres sims pittoresques, ces mêmes sims pleines d'individus primaires et souvent détestables. Mais je leur pardonnais d'avance ; leur ignorance ne m'appartenait pas et je ne serais à jamais personne pour les juger. Un peu bout en train, je retournais alors vers d'autres terres stériles, pour y répandre ma méchanceté gratuite. Mais un premier changement radical intervint sur Gaia. Je l'appellerai Providence, car sans quoi, rien de tout cela n'existerait. Et je dois l'admettre, tel l'esprit interstellaire omniscient, j'aurai éprouvé des milliers de regrets si je n'avais pas connu ce qui suit. Réelle ou virtuelle, après tout, toute expérience est à prendre, bonne ou mauvaise.
Providence m'apprit tout ce qu'il fallait savoir, elle me changea du tout au tout et moi, toujours curieux et amusé de cette soudaine envie de me materner, je me laissais faire comme une bête de foire. Elle me donna de l'argent, fit de moi un être humain, m'habilla et en échange, je lui promis d'être à la hauteur de ses espérances. Je la rencontrais peu de temps après, dans la réalité, après de nombreux échanges sur SL. Providence était une personne malade, frêle et fatiguée, à la peau sombre et vieillie par une vie mouvementée. Promesse d'amitié sincère en main, nous dinâmes ensemble et j'ai beaucoup ri avec elle, malgré la différence d'âge. Nouveau constat à ajouter : Second Life confronte les générations avec un certain succès. Malgré cela, je constatais encore une fois toute la détresse d'une personne, aussi instable qu'un ours faisant du vélo. J'entrepris alors de délaisser Providence la lunatique, l'irascible, la malheureuse. J'avais failli, pour la première fois dans SL, dans ma volonté d'aider. Cette peine que j'ai fuit, je la garde ancrée quelque part comme une fêlure qui ne se résorbera jamais. Mais qu'importe, je devais continuer l'aventure.
Mon premier jeu de rôle, très subtil, consistait à draguer toute créature féminine à ma portée. Muni d'un avatar et d'un look que je qualifierai aujourd'hui de ridicule mais convenable, je chassais littéralement les créatures de rêve SLiennes, avec un certain succès, voire même un succès certain. J'avais une vie réelle très chargée à cette époque, en projets, travaux, emplois et il me semblait tellement plus facile de draguer dans SL que de m'investir dans une relation durable avec une seule femme. Le renard méprisable était encore en moi. J'ai joué avec les sentiments humains comme peu auraient osé l'imaginer, me délectant de chaque mot d'amour, de l'une, de l'autre, en leur promettant qu'elles étaient les seules. J'étais un gigolo, ou plutôt un rigolo, simulant des situations qu'il ne connaissait pas en réel. J'ai oublié de vous dire, j'ai par le passé pratiqué de nombreux jeux vidéo et jeux de rôle. J'ai tout un florilège de personnalités et une imagination sans limite quand il s'agit de jouer un autre personnage que moi-même. Et puisque vous êtes dans le creux de la confidence, sachez que j'ignore encore qui je suis vraiment, dans le monde réel. Évidemment, nous ne saurons jamais qui nous sommes. Quoiqu'il en soit, "Grigolo" fit son maximum pour faire passer SL au RL avec ses conquêtes, cette fois, avec beaucoup moins de succès. Un nouveau constat m'explosait en pleine figure : je m'étais pris au jeu, à tel point que je confondais SL et RL. Quelle horrible constatation, être conscient de son dépassement et désirer qu'il continue. Quelques femmes franchirent le pas, pleines de doutes face à cet individu étrange, insaisissable et trop entreprenant. On passe quelques temps ensemble, on se rencontre et on me dit encore une fois que je suis génial. On m'aime, un peu, on me quitte, beaucoup. Je découvrais un autre aspect de ma personnalité réelle, que je n'avais pas totalement assimilé avec mes ex-petites amies réelles. "Seconde Vie", à travers les êtres que j'y avais rencontré, m'a donné un "Second Regard" sur moi-même. J'étais à la fois triste et joyeux, un poil mélancolique face à cette vérité inexpugnable. Cet être primaire qui mélangeait tout, qui désirait tout et rien à la fois, ce n'était pas moi, c'était lui, cet égo gigantesque, muni de son intelligence hors norme, désireux de connaitre le psychisme féminin sous tous aspects, afin de mieux maitriser toutes les situations possibles en contact avec ses représentantes. Manipulateur, calculateur et arriviste, voilà ce que j'étais sur SL, comme en RL.
J'ai rencontré Salem, pendant cette période. Nana parmi d'autres, j'ai tenté de la séduire et en une journée, elle m'immola en s'exposant avec un autre. J'ai alors compris à qui j'avais affaire et je me décidais rapidement à la laisser tranquille, pour m'occuper de quelques victimes plus naïves et dociles. Nous restâmes amis, à ma plus grande surprise, au fil des jours, des mois et maintenant pas loin de deux ans, malgré le changement d'avatar. Elle me laissa entrer, comme de nombreux autres, dans son cercle réel d'amis et j'étais pour la première fois obligé, sans qu'elle le demande, de dévoiler celui qui est derrière son écran, sans jouer un rôle avec ses avatars. C'était un petit pas dans SL, mais un grand pas pour mon humanité. Merci, Salem.
Sel ou poivre.
Je suis un être humain parmi d'autres, perdu dans la sphère complexe et infernale des mondes virtuels, qui complètent une existence pleine de non sens. Je suis le guerrier, ténébreux, combattant des temps anciens. Je suis l'élite, le génie scientifique, le jet setter, le clochard, l'enfant roi, le martyr, le dictateur, le bourreau et la victime. Bonjour à toutes et à tous : je suis un avatar de Second Life. Quelle réalité pourrait suffire quand, de nos jours, nous pouvons surenchérir dans l'apparence et l'ambiguïté, munis d'une interface vidéoludique comme Second Life ? Vivons nous la réalité à travers le virtuel ? Que définit le réel, qu'est ce que le réel ? Sommes-nous les philosophes espérés des temps nouveaux ?
Nombre de questions aussi stupides taraudent mon esprit malade, comme le votre. Car oui, nous sommes tous malades, apeurés derrière l'écran par la mort, la finitude ou nos degrés d'existence toujours plus médiocres les uns que les autres, partout dans le monde. Il est dit qu'à la médiocrité succédait la traitrise et la lâcheté. Vous êtes ; non, nous sommes tous des monstres. Des créatures assoiffées de vie, engloutissant celles des autres et prétextant de mille maux pour accaparer cet "autre" avec force et zèle, telle la hyène face à sa proie, riant comme le diable. On le remarque le nouvel arrivant, qui découvre avec horreur un jeu vidéo _et rien d'autre, mais j'y reviendrai plus tard_ vide, laid, programmé par des manchots et complété par des utilisateurs débordant d'une imagination nulle. Il est là, seul. Il erre dans un monde persistant qui persiste à lui faire comprendre qu'il n'est rien, qu'il ne vaut rien et qu'il commencera à avoir une valeur en cherchant une forme quelconque d'insertion, auprès de personnes soumises au système "éducatif" du jeu. Le nouveau est inférieur, cible des railleries, du vil mépris et du dédain. Oui ! Lapidons-le, lynchons-le ! A mort ! Créons un empire propre, poli ! Brûlons les livres, bannissons les intellectuels ouverts, les homosexuels et... Mais ! Ce langage tient-il d'un autre temps ? Gagnerai-je de suite un point godwin à citer une époque éternellement ressassée à la télévision ? Suis-je fasciste en jouant à Second Life ? L'idéal recherché consiste-t-il à répéter l'histoire manquée d'un peuple, qui voulait détruire ce qui fait le monde : ses irrégularités ? Naviguons nous en plein VIème Reich, pour ne pas citer Las Vegas Parano ? La différence est un danger. Oui, ce qu'on ne connait pas nous fait peur ; la différence est l'obscurité dans laquelle nous nous efforçons d'avancer. Mais dans Second Life, la lumière divine brille partout, nous pouvons lâcher nos harpies et contempler notre monstruosité avec délectation. Ou sont-ils, les justiciers, les êtres pleins de vie, les joueurs et les humanistes ? Certainement pas dans Second Life, soyons en sûrs. Ce médicament placébo virtuel n'est pas le commun médicamenteux des personnes souffrantes d'un intellect visant de pareilles sphères d'humanité. Non. Second Life est le fruit de personnes machiavéliques et perverses, ou capitalistes, qui jouent sur notre honte et notre mal être, pour briller. Et nous le méritons.
Existe-t-il, ce héros qui sauvera le second monde de cette pandémie didactique ? Les héros existent-il vraiment dans Second Life ? Hélas, non. Pourtant les acteurs de ce jeu s'efforcent tellement à recopier notre réalité ; quelle surprise de ne pas trouver un Super Man de l'écrit lyrique et couillu, pour protéger la veuve et l'orphelin, le newbie et la victime. Pourquoi, alors...Pourquoi n'avons nous pas de héros, dans ce jeu scatologique ? Car un héros est toujours pourchassé, il est différent, incarne une beauté qu'on envie, une force désirée, une fougue incontrôlable et, à l'instar de tout Second Life, la perte de contrôle est un danger ; car signe de vie, d'éternel changement, de déconformisation, d'amour fraternel. Je vous aime tous et toutes, personnes anonymes que je rencontre dans le monde réel, croisant un regard potentiel de "Second Lifer" pédant, amical ou dégénéré et en mon for intérieur, je pleure pour vous et implore à toute déité de vous pardonner votre inexistence. On a tous tellement besoin d'amour, on nait et meurt sans savoir ce qui nous attend au delà de la matérialité sensitive. Ah, belle démocratie, belle dictature du plus grand nombre. Faisons comme notre prochain, de peur de ne pas faire. N'y avait-il pas quelque philosophe pour en parler avant moi ? Très certainement.
Second Life est un jeu vidéo ou, plus exactement une interface vidéoludique. Là d'où je viens, du monde réel, j'ai appris grâce à mon travail à identifier les univers persistants et Second Life n'échappe à aucun moment au développement logique d'un jeu. Alors, certains l'appellent "métasphère à trou de balle orientée connerie", mais le déterminisme et les êtres humains ont toujours ce petit goût amer d'interprétation. Il est vrai que nous sommes parmi les rares nations, en France, à posséder plusieurs dictionnaires, certains ne possédant pas les mots d'autres. Alors, comment identifier un jeu, si tout le monde y voit autre chose qu'un jeu ? C'est pourtant très simple : un jeu vidéo est défini par des lignes d'interaction schématiques, dites de programmation. Dans un jeu vidéo, on évolue dans un monde visuel et on joue un rôle. Le "jeu" a pour synonyme le divertissement, l'amusement. Ajoutons à cela son support, l'informatique, l'écran, l'interface visuelle, dite "vidéo" et nous obtenons un jeu vidéo. Certes, celui-ci est persistent, on peut y gagner et perdre des fortunes, contempler et participer aux millions d'activités lucratives, amoureuses, actives, ludiques du système, mais ça ne remplace pas sa nature première, celle même qui le définit, du début à la fin.
Après tout, le poker est un jeu, on joue aussi au Casino et, nombreux sont ceux à y faire fortune, ou pire, faillite. Nous jouons aux courses, aux jeux de société, aux jeux de rôles ou aux sulfureux jeux de l'amour. Mais ne vous y trompez pas : nous jouons. Second Life est et restera définitivement un jeu vidéo. Là ou il faudrait redéfinir le titre, il faut redéfinir l'idée du jeu vidéo qui permettrait à certaines personnes de vivre l'amour réel ou de gagner sa vie grâce à cette interface. Car le jeu vidéo n'est pas qu'un simple média méprisable, comme on aime à le croire en France ou en occident. Non, le jeu vidéo est une culture, une nouvelle forme d'expression artistique et solennelle au potentiel infini. Et même cet article est un jeu, car je m'amuse de vous.
Pourtant, toute part d'ombre a sa part de lumière. Ce genre de phrase solennelle me fait aussi pas mal rire, mais autant l'utiliser, puisque dans SL, rares sont ceux qui ont une quelconque culture. Ma lumière, je l'ai découverte en vous. Toi qui me lis, demoiselle, dame, jeune homme, vieux tas libidineux ou petite conne invétérée, reconnais toi dans ces paroles car elles te sont destinées. Amen.
SL, ce monde persistant, nous y vivons notre utopie. Utopie bien salace parfois, perverse et malicieuse, mais qu'importe. Derrière chaque avatar, un être humain essaie de s'inventer une histoire, un vécu, une existence ; celle-même qu'il pourchasse dans son réel, malgré tous ses efforts pour prétendre le contraire. J'aimerai dire que ce jeu est néfaste, qu'il n'apporte rien à l'humanité et que nous devons le détruire, l'ignorer. Mais il n'en est rien. J'ai pris conscience récemment que les êtres humains existaient derrière mon écran et, malgré tout mon ressenti pour cet univers, une conclusion inéluctable s'imposait : Second Life répond à un besoin. C'est simple, évident... comme n'importe quel étudiant en première année de BTS commercial me l'expliquerait, comme à un enfant de 5 ans, posant sa main sur ma tête. Habitué du jeu vidéo et des mondes complexes, mirifiques et hauts en couleurs, j'avais oublié l'essentiel, la personne, son intégrité, l'individu réel auquel je parlais, comme si je m'adressais à un robot issu d'un code informatique primaire. En fin de compte, j'étais ce code. Cerné par mes propres préjugés, mon individualisme et ma pauvreté intellectuelle, je ne voyais que le mal, partout, tout le temps. Le mal sociétaire resplendissait partout ou je me promenais, mes yeux obscurcis par mon expérience personnelle ne contemplaient que toutes les irrégularités des personnages que je rencontrais, me nourrissant avec appétit de tous ces petits malheurs qui n'étaient pas miens. C'était mon jeu.
Qu'on se le dise, SL ressemble à un téléphone. On s'appelle, on
s'écoute mutuellement, on évite le regard de notre interlocuteur et on
se sent libre. Je vivotais de cette façon, avide de stupidités et de
railleries insultantes. Puis, vinrent les premiers, qui s'intéressèrent
à moi. "Pourquoi ?", me disais-je. Quelle étrangeté de vouloir parler à
un taré qui passe son temps à insulter son prochain dans un jeu,
n'est-ce pas. J'étais ce renard magique qui saute et qui pique, comme
le plus rouge et vif des piments. Certaines personnes ont alors tenté
de m'apprivoiser, avec plus ou moins de succès. Et j'ai découvert
l'humanité. Des vies réelles, pleines d'affection, de sensibilité, de
tristesses et de joies.
Et bien un exemple flagrant du nawak ambiant chez nous ^^
Jerome dans toute sa splendeur =^^= quand le chat n'est pas la jeje fait
n'importe quoi !!!!!! mdrrrrrrrrrrrr speciale dédi à Mallau muahhhhhhh
Petite précision je vous présente Jerome qui est notre nouveau manager ( remplacant de Pink qui a du nous quitter RL oblige ^^ )
Alors bienvenue parmis nous Jéjé et garde bien ton petit grain de folie qui nous rend dingue ^^ kiss
Plop Fabien on est super synchro sur ce coup la lol
Kiss @ tous Le staf